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Il y a 50 ans Pondichéry :

L’intégration des Établissements français en Inde

Il a quelques semaines, alors que nous commencions la rédaction de cette publication et recherchions à Pondichéry des personnes ayant vécu la disparition du pouvoir colonial français en novembre 1954, un de nos amis indiens de Pondichéry nous fit une remarque intéressante. Il nous dit : « Mais quelle histoire allez-vous écrire ? Il y en a deux, celle de la France et celle de l’Inde !» Cette allusion a certainement du vrai. Mais pour avoir travaillé depuis plusieurs années sur le sujet, nous savions que l’histoire du « merger » (comme on appelle ici l’intégration ou la « fusion » avec l’Inde des anciens comptoirs français) n’a pas deux côtés, mais une myriade de facettes. Ne vouloir en décrire qu’une ou deux n’aurait pas fait justice à ceux qui participèrent aux événements de ces années mouvementées, qu’ils les aient vécus du côté des Indes françaises, du point de vue d’une France sortant de guerre, ou bien de celui de l’Inde enfin indépendante.

En effet, il y a de nombreuses histoires du « merger ». En France, par exemple, la position du ministère des Territoires d’Outremer était souvent opposée à celle du Quai d’Orsay, lequel avait compris dès le premier jour que l’échéance était inéluctable. A Pondichéry même, si l’on étudie le cours de la « lutte pour l’indépendance », on s’aperçoit que les façons de voir des protagonistes tels Goubert ou Subbiah étaient pratiquement toujours divergentes, pour ne pas dire opposées.

Nous avons estimé qu’après cinquante ans il donc était nécessaire de mettre le plus possible de ces aspects en relief, les étayant avec des documents d’archives -- documents d’ailleurs ignorés le plus souvent des acteurs du drame. Nous avons donné la parole à un grand nombre de témoins (dans les limites de l’espace de cette publication bien entendu). Les interviews de Mme Saraswathi Subbiah, (veuve du dirigeant communiste et ancien sénateur français), celle du Yanaonais, le Dr Nallam, (président de la Société historique de Pondichéry) ou encore celle du Cazi (notaire musulman) de Pondichéry éclaireront différents aspects du problème. L’ensemble apparaît comme un grand puzzle où chacun joua son rôle. Nous tenterons d’apporter, au travers de ces aperçus, une mise en perspective de ce que l’on pourrait nommer « l’histoire ». Sans doute semblerons-nous présomptueux, car ce sont des dizaines de volumes qu’il aurait fallu écrire pour mettre en valeur chaque circonstance, chaque acteur ou chaque décision, mais, après 50 ans, il était important d’essayer de recoller quelques morceaux du puzzle?



Editorial